La peur de vomir chez les enfants : prenons Lou, elle a 8 ans et elle a peur de vomir. Pas seulement quand elle est malade… mais tout le temps. Depuis qu’elle a vomi à l’école, elle redoute que cela se reproduise n’importe où : à la maison, au parc, au cinéma.
Ses parents font ce qu’ils peuvent pour l’aider : ils la rassurent, lui disent qu’au pire ce n’est pas grave, prévoient des sacs, anticipent la présence des toilettes.
Mais plus ils l’aident, plus la peur s’installe.
Pourquoi ?
Parce que ces stratégies, bien qu’animées par l’amour et la bienveillance, entretiennent le problème.
Anticiper sans cesse les situations à risque, rassurer en permanence, éviter certains lieux… Tout cela donne à la peur un message implicite : « Tu es dangereuse, il faut te contrôler. »
Et à force de vouloir tout contrôler, la peur devient encore plus présente.
Changer de regard : la clé de Palo Alto
En thérapie, on ne cherche pas pourquoi Lou a peur. On s’intéresse à comment elle tente de ne plus avoir peur… et comment ces tentatives la maintiennent dans le cercle vicieux.
C’est le cœur de la pensée systémique : démonter les stratégies qui coincent, plutôt que combattre la peur.
Et si on faisait autrement ?
On propose à Lou une expérience surprenante :
- S’installer dans sa chambre avec une bassine à côté d’elle.
- Penser à toutes sortes de choses dégoûtantes pour convoquer son envie de vomir.
- Puis, reprendre des activités qu’elle évitait : aller au cinéma, au parc, même en classe (avec la maîtresse prévenue, au cas où).
Ce n’est pas magique, mais c’est puissant : Lou reprend le pouvoir. Elle vit ce qu’on appelle une expérience émotionnelle correctrice.
Et surtout : plus elle accepte la peur, moins elle la ressent.
Ce que cela change
L’école de Palo Alto ne combat pas les peurs. Elle les apprivoise en démontant les stratégies qui les entretiennent.
Et ça, même les enfants peuvent le comprendre… et s’en libérer.
